La situation dans les provinces de Morona-Santiago et Zamora-Chinchipe :
derniers développements dans une région frontalière avec le Pérou. L'exploration de la zone débute en 1994 et plusieurs gisements sont découverts. Les droits miniers associés à ces territoires changent de propriétaires quelquefois pour terminer entre les mains des compagnies canadiennes Corriente Resources et Aurelian Resources.
Suite à la phase d'exploration et de forage sur les milliers d'hectares de concessions minières, c'est maintenant une phase d'exploitation qui débute. Les impacts importants des mines à ciel ouvert et des résidus miniers mettent en péril non seulement l'environnement, mais la survie même du peuple Shuar. L'urgence de la situation est palpable, car, une fois ce processus d'exploitation entamé, il sera de plus en plus important et ses conséquences seront irréversibles.
Si l'enjeu est de taille, c'est aussi que le gisement de cuivre découvert dans la cordillère du Condor est comparable aux plus importants gisements au monde et couvre une superficie importante des deux provinces du sud-est de l'Équateur. De plus, la construction d'une centrale hydroélectrique près de la communauté de Jimbitono a débuté afin d'alimenter le projet en électricité, entraînant également son lot de conséquences.
À l'initiative de la FICSH, les mouvements autochtones et paysans de la région et des ONG équatoriennes se sont mobilisés pour former le Comité interprovincial pour la défense de la Vie afin d'étudier la question, se concerter, élaborer des positions communes et proposer des alternatives. Ainsi, ils ont organisé plusieurs colloques, rencontres et événements tels qu'un « Forum international sur le vrai visage de l'industrie minière » en octobre 2006 ou la « Rencontre des peuples pour la vie » plus récemment en janvier 2007.
Leur position est claire : « L'exploitation minière à grande échelle est une imposition impérialiste qui ne répond pas à nos besoins comme nation, de plus, elle approfondira notre dépendance, notre soumission. Voilà le problème de fond que nous nous devons de comprendre. Non à l'exploitation minière à ciel ouvert en Équateur ! ».
Les habitants de ces régions proposent également des alternatives à l'activité minière. Elles mettent de l'avant d'autres modèles plus solidaires et équitables (diversification des cultures, autosuffisance, café biologique, écotourisme, etc...) qui tiennent compte de leur héritage collectif que sont la terre, la forêt, l'eau, la biodiversité et le paysage.
De plus, suite aux pressions de la population, un décret présidentiel fut émis le 12 novembre dernier ordonnant la suspension de toute activité minière dans la région. Cependant, Ecuacorriente S.A. filiale de la compagnie canadienne Corriente Resources inc. n'a pas cessé ses activités. En guise de protestations, les populations locales ont utilisé différents moyens de résistance pacifique. Selon la Comission oécuménique des droits humains de l'Équateur, en décembre 2006, une série de violation de droits humains a eu lieu, incluant détentions illégales, agressions physiques, tortures, agressions sexuelles, restrictions de l'activité journalistique et intimidations .
Compte tenu du fait que ces populations ne trouvent pas écho à leurs revendications au niveau de leur gouvernement, souvent coopté par les transnationales, elles se tournent vers l'étranger afin de trouver des appuis internationaux à leurs demandes et se protéger des violations de droits humains dont elles sont victimes.
C'est dans ce contexte que nous invitons Mme Rosa Taish. Elle est engagée dans le développement économique local de sa communauté au sein de la FICSH et poursuit ses études universitaires en développement local durable.
L'appui international est primordial pour ces communautés et a encore plus de poids s'il est canadien. Nous pouvons ainsi servir de porte-voix pour ces populations sans-voix, marginalisées économiquement, politiquement et géographiquement. À ce jour, la population Shuar a très peu d'appui à l'international pour faire connaître leur situation.***